Droits

Quitter son emploi en 2026, quels droits au chômage selon votre situation ?

7 min de lecture

Avant de quitter un poste, la question n’est pas seulement « ai-je droit au chômage ? ». C’est surtout « combien de temps, combien par mois, et à quelle condition ? ». Les réponses ont bougé ces deux dernières années, et encore au 1er septembre 2026 pour les ruptures conventionnelles.

Ce guide part de ce qui compte le plus, votre façon de partir. Il détaille ensuite la durée de travail exigée, la durée d’indemnisation et le calcul du montant. De quoi décider en connaissant le coussin sur lequel vous pourrez compter, ou pas.

L’essentiel en bref

  • Une démission classique n’ouvre pas droit à l’allocation, sauf cas légitimes ou projet de reconversion validé avant de partir.
  • Depuis le 1er septembre 2026, une rupture conventionnelle donne au maximum 15 mois d’indemnisation avant 55 ans.
  • Il faut en général 6 mois de travail sur 24 mois, et 5 mois seulement pour un premier droit ou un emploi saisonnier.
  • L’allocation journalière vaut au moins 57 % de votre salaire journalier de référence, dans la limite de 75 %.
  • Lancez vos candidatures avant de partir. Le temps d’indemnisation passe plus vite que prévu.

Votre mode de départ décide presque tout

France Travail indemnise une perte d’emploi involontaire. Tout le reste en découle. Un licenciement ou une fin de CDD ouvrent des droits, une démission non, sauf exceptions prévues par les textes.

Démissionner sans perdre ses droits

Les démissions dites légitimes couvrent surtout des changements de résidence (suivre un conjoint qui prend un nouvel emploi, mariage ou Pacs avec déménagement), des situations graves (violences conjugales, acte délictueux au travail, salaires impayés malgré une décision de justice) ou le départ d’un nouveau poste dans les 65 premiers jours travaillés après une fin de contrat. Chaque cas demande des justificatifs précis.

Le dispositif de démission pour reconversion vise les projets de formation, de création ou de reprise d’entreprise. L’ordre des étapes est décisif.

  1. Vérifier que vous avez au moins 1 300 jours travaillés sur les 60 derniers mois, chez un ou plusieurs employeurs.
  2. Construire le projet avec un conseiller en évolution professionnelle (CEP), gratuitement.
  3. Déposer le dossier auprès de Transitions Pro dans votre région et attendre son attestation.
  4. Démissionner seulement ensuite, puis vous inscrire à France Travail.

Pour une démission classique, une porte reste entrouverte. Après 121 jours sans allocation, vous pouvez demander un réexamen à une instance paritaire de France Travail. Il faut alors montrer que vous avez cherché activement un emploi pendant ces quatre mois (candidatures, entretiens, démarches). Un historique de candidatures daté est ici votre meilleur argument.

Rupture conventionnelle, ce qui a changé au 1er septembre 2026

La loi du 11 juin 2026 a réduit la durée maximale d’indemnisation après une rupture conventionnelle individuelle. La règle vaut pour les contrats effectivement rompus à partir du 1er septembre 2026. C’est la date de fin du contrat qui compte, pas celle de la signature.

En outre-mer (hors Mayotte), les plafonds passent à 20 mois avant 55 ans et 30 mois ensuite. Les licenciements et fins de CDD ne sont pas concernés par cette baisse.

Combien de temps faut-il avoir travaillé ?

La règle générale demande 6 mois de travail (130 jours ou 910 heures) sur les 24 derniers mois, ou sur les 36 derniers mois à partir de 55 ans. Deux publics ont un seuil plus bas.

  • Les primo-entrants, c’est-à-dire les personnes sans droit au chômage ouvert depuis 20 ans ou plus, ont besoin de 5 mois (108 jours ou 758 heures) pour une fin de contrat depuis le 1er avril 2026.
  • Les saisonniers peuvent ouvrir un droit avec 5 mois de travail depuis avril 2025, à condition que ces mois viennent uniquement de contrats saisonniers.

Les jours travaillés peuvent venir de plusieurs employeurs et de plusieurs contrats. Gardez vos attestations employeur, elles servent à tout reconstituer.

Combien de temps serez-vous indemnisé ?

La durée dépend du nombre de jours travaillés sur la période de référence, puis elle est plafonnée selon l’âge. Hors rupture conventionnelle, les plafonds actuels sont les suivants.

Les seuils de 55 et 57 ans ont été relevés de deux ans en 2025. Une personne de 53 ans qui aurait eu droit à un plafond « senior » auparavant relève désormais du cas général.

Estimer le montant de votre allocation

Tout part du salaire journalier de référence (SJR), obtenu à partir des salaires bruts perçus sur la période de référence. France Travail fait ensuite deux calculs et retient le plus favorable.

  • 57 % du SJR.
  • 40,4 % du SJR, plus une partie fixe de 13,18 € par jour.

Le résultat ne peut pas dépasser 75 % du SJR, ni descendre sous 32,13 € par jour (montants applicables en septembre 2026). Exemple avec un SJR de 80 €. Le premier calcul donne 45,60 €, le second 45,50 €. L’allocation est donc de 45,60 € brut par jour, soit environ 1 370 € pour un mois de 30 jours, avant prélèvements sociaux.

Vous partez pour créer votre entreprise ?

Si vous avez des droits ouverts, deux options existent. Vous pouvez garder l’allocation mensuelle en parallèle de vos premiers revenus. Depuis la convention de novembre 2024, ce cumul est limité à 60 % des droits qui vous restent. Vous pouvez aussi demander l’ARCE, un capital égal à 60 % de vos droits restants, versé en deux fois.

Le maintien mensuel sécurise les débuts lents. L’ARCE convient mieux à un projet qui a besoin de trésorerie tout de suite (matériel, stock, local). Un conseiller France Travail ou un réseau d’accompagnement à la création peut vous aider à trancher.

Avant de poser votre démission

  1. Identifier votre mode de départ exact et ce qu’il ouvre comme droits.
  2. Simuler votre allocation sur France Travail avec vos vrais salaires.
  3. Calculer combien de mois vous pouvez tenir, avec et sans allocation.
  4. Vérifier votre préavis, vos congés restants et la date de fin effective du contrat.
  5. Commencer vos candidatures tant que vous êtes encore en poste.

Préparer la suite pendant que vous êtes encore en poste

Le meilleur filet reste un nouveau poste trouvé tôt. Dans Jobbyn, chaque candidature garde son entreprise, son statut, ses dates et vos notes. Vous voyez d’un coup d’œil où en sont vos process, et vous disposez d’un historique daté si France Travail vous demande de justifier vos recherches.

L’outil est gratuit, en français, et vos données restent privées.

Questions fréquentes sur le chômage en 2026

Peut-on toucher le chômage après une démission ?

Pas dans le cas général. Une démission légitime (17 cas listés par France Travail) ou une démission pour reconversion validée par Transitions Pro avant le départ ouvrent des droits. Sinon, un réexamen est possible après 121 jours sans allocation, si vous prouvez une recherche active.

La rupture conventionnelle donne-t-elle toujours droit au chômage ?

Oui, si vous remplissez la condition de durée de travail. Mais pour un contrat rompu depuis le 1er septembre 2026, l’indemnisation dure au plus 15 mois avant 55 ans et 20,5 mois ensuite.

Qu’est-ce qu’un primo-entrant pour France Travail ?

Une personne qui n’a pas eu de droit à l’assurance chômage ouvert au cours des 20 dernières années, ou jamais. Pour une fin de contrat depuis le 1er avril 2026, elle peut être indemnisée avec 5 mois de travail au lieu de 6.

Comment calculer son allocation chômage ?

Calculez votre salaire journalier de référence, puis comparez 57 % de ce montant avec 40,4 % plus 13,18 €. Le plus élevé s’applique, dans la limite de 75 % du SJR et avec un minimum de 32,13 € par jour. Le simulateur France Travail reste la référence.

Faut-il attendre d’avoir trouvé un emploi pour démissionner ?

Si votre démission n’ouvre aucun droit, c’est souvent plus prudent. Une recherche d’emploi prend fréquemment plusieurs mois. Chercher en poste vous laisse négocier sans pression financière.

Pour aller plus loin

Mis à jour le 29 septembre 2026

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